Histoire

 

En 1089, la Bulle du Pape Urbain II reconnaît l’Église de Neublans parmi les propriétés de l’Abbaye de Baume : «  Ecclesiam Neblensis Cum castri apendicis earum. » Le doyenné de Neublans couvre alors un vaste territoire dont faisait partie, les Eglises de Seurre, Pierre de Bresse, Authumes ou encore Petit-Noir.

L’actuelle sacristie fut la première église. Elle a subi des travaux de transformation encore visibles sur sa façade est. Puis, elle a servi de coeur à la seconde église, dont il reste l’arc triomphal.

La nef fut construite au XII° siècle, des peintures murales sont encore visibles sous le toit face sud. Ces peintures murales attestent d’une église romane.

Le beffroi est d’inspiration moyennâgeuse par ses formes solides et ses contreforts d’angle. La litre seigneuriale, encore bien présente tout autour du bâtiment à l’extérieur, a permis au Moyen-âge la gravure des blasons seigneuriaux.

Baie géminée

Lors des rivalités entre les Habsbourgs d’Espagne et la France, l’église a subi diverses étapes de reconstruction. Le premier château fut détruit par Louis XI en 1477, le second en 1637 par Louis XIII au moment où la France voulait s’emparer de la Comté.

Comment l’église a-t-elle résisté à la destruction si proche du château ? Une archive nous apprend qu’en 1698, l’Abergement refuse de participer à la reconstruction de l’église. Le village devient français en 1678 par le Traité de Nimège. La Comté est ravagée par cette guerre de conquête conduite par Louis XIV, en 1674, qui poursuit sa destruction et en exige le démantèlement .

Les Frères Marcat, maçons sculpteurs italiens, travaillent au château et à l’intérieur de l’Église ; Les voûtes, les pilastres, le retable, sont vraisemblablement leur œuvre, au début du XVIII° siècle, de même que la vierge de l’Apocalypse et St André.

Le tableau du retable est signé par Claude Adrien Richard, né à Charquemont en 1672 et mort en 1748. Le sacrifice de St Etienne est ainsi représenté avec le blason de la famille Broissia, qui commence en 1703 la construction de l’actuel château.

 

Tableau du retable

Dès lors, les décors de l’église vont être agrémentés par de nombreuses statues.

La chaire, d’abord placée face nord, puis réinstallée côté sud est l’oeuvre des frères Lambertoz. Elle fut offerte par la famille Broissia en 1710. Les fonds baptismaux sont confiés à l’architecte Galezot. A cette époque, la chapelle sud a failli devenir la propriété de la Veuve Ryard, mais un procès étonnant avec le seigneur des lieux l’en empêcha.

La chapelle du Rosaire, à la place du vitrail de Ste Colette face nord a été démolie entre 1840 et 1850 et remplacée par l’actuelle chapelle et son beau vitrail de 1853. Les quatre vitraux du choeur et du transept ont été offerts au XIX° siècle par la famille Broissia. Les quatre vitraux de la nef sont un don des Paroissiens au XX° siècle.

chapelle et vitrail de la Vierge

Au XIX° siècle les murs deviennent ocres avec des traits réguliers symbolisant de fausses pierres. L’autel en plaques de marbre prend sa place sous le retable. Le dôme du choeur symbolise les quatre Evangélistes, au milieu du ciel étoilé. En 1973, Vatican II demande aux églises de redevenir humbles. c’est à cette époque qu’un badigeon gris uniformise tout, y compris les trois statues, restaurées en 2011 : St André du XV°, St Sébastien du XVI° et la Piéta du XVII°siècle. Les lustres, les barrières de communion, l’autel en bois de la chapelle St Joseph, les prie-dieu, des statues en plâtre vont être dispersés. Le fonds des archives de la fabrique s’envolent en fumée.

Depuis 2010, Les recherches de Simone Puget et Bernard Janotova de la commission histoire de SENA, ont permis une inscription au titre des Monuments Historiques en juillet 2013. l’église va alors être restaurée extérieurement et intérieurement grâce à la collaboration de la commune, de la paroisse et de SENA . 

Mais l’histoire continue… un vitrail de St Etienne a été offert par Bernard Janotova et installé par les soins de la famille Faucher. Il reste également de nombreuses journées de recherche aux archives pour affiner l’histoire de cette église qui vient de retrouver sa beauté initiale.

Vitrail de Saint-Etienne